Tristan est une nouvelle de 1903 de l'écrivain allemand Thomas Mann. Elle contient de nombreuses références au mythe de Tristan et Iseult. La nouvelle fait notamment allusion à la version présentée dans l'opéra du même nom de Richard Wagner. Il s'agit d'un court récit se passant dans un sanatorium en montagne. Un riche commerçant y amène son épouse, Gabrielle Klöteryahn, pour un mal bénin, croit-il. Bientôt un lien particulier se tisse entre la femme et Spinell, autre patient du lieu, écrivain peu brillant. Ce lien s'incarne dans de longues conversations entre eux deux et surtout dans un…mehr
Tristan est une nouvelle de 1903 de l'écrivain allemand Thomas Mann. Elle contient de nombreuses références au mythe de Tristan et Iseult. La nouvelle fait notamment allusion à la version présentée dans l'opéra du même nom de Richard Wagner. Il s'agit d'un court récit se passant dans un sanatorium en montagne. Un riche commerçant y amène son épouse, Gabrielle Klöteryahn, pour un mal bénin, croit-il. Bientôt un lien particulier se tisse entre la femme et Spinell, autre patient du lieu, écrivain peu brillant. Ce lien s'incarne dans de longues conversations entre eux deux et surtout dans un morceau de musique, Tristan et Yseult de Wagner... Dans cette nouvelle, un esprit contemplatif s'installe temporairement dans un sanatorium isolé, deux mondes se rencontrent - l'élan esthétique du poète et la vitalité prosaïque du bourgeois. Dans ce cadre feutré, l'atmosphère clinique recèle pourtant une tension morale : le narrateur observe les malades isolés, engagés dans des rituels de survie distants d'une quête spirituelle désabusée. À travers cette rencontre entre l'élégance presque funéraire du créateur et la vigueur sans artifice de l'existence quotidienne, se joue une satire muette, teintée d'ironie douce. Le contraste est mis en relief par une évocation symbolique du mythe wagnérien, sans lyrisme excessif, dévoilant une méditation succincte, raffinée, sur la beauté, la mortalité et le décalage entre l'art et la vie tangible. Cette courte prose révèle en filigrane une tension entre la grâce contemplative et l'énergie rudimentaire du monde ordinaire, dans une tonalité élégante, ironique, où chaque mot semble pesé, chaque image travaillée pour évoquer la distance parfois irréconciliable entre l'âme artiste et la réalité sensible.
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Autorenporträt
Thomas¿Mann naît en 1875 à Lübeck, dans une famille bourgeoise cultivée : son père est sénateur et commerçant, et sa mère, d'origine brésilienne, émigre jeune en Allemagne. À la disparition prématurée de son père alors qu'il est adolescent, il rejoint sa mère à Munich, où il mène des études marquées par sa réticence à l'enseignement formel. Il débute comme journaliste, avant de se consacrer à la littérature, oeuvrant à l'émergence d'un style réfléchi et délicatement ironique. En 1912 paraît Der Tod in Venedig, nouvelle qui se distingue par la rigueur stylistique et le symbolisme dense, plaçant Mann au cur des réflexions esthétiques de l'époque. Sa carrière, marquée par le succès critique, le conduit à obtenir le Prix Nobel de littérature en 1929. Il explore dans ses romans les tensions entre tradition et modernité, conscience et volonté, en composant des portraits psychologiques approfondis. Exilé volontaire dès 1933 face à l'idéologie totalitaire montante en Allemagne, il s'établit aux États-Unis, puis en Suisse, où il meurt en 1955. Son oeuvre, à la fois classique et moderne, demeure une référence majeure pour l'étude des conflits intérieurs et de la condition humaine moderne, marquant durablement la littérature du XX¿ siècle.